La série de l’hiver : la Grande Aigrette

Quatrième et avant-dernier épisode de notre Série de l’hiver ! Après le Pygargue à queue blanche, la Grive mauvis et le Canard pilet, intéressons-nous cette semaine à un Ardéidé fort élégant : la Grande Aigrette.

“Je finis ma toilette et j’arrive !”

La Grande Aigrette : fiche d’identification

La Grande Aigrette, un ardéidé que l'on peut observer en hiver, sujet du nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

Peut-être avez-vous déjà aperçu en hiver une sorte de grand héron au plumage immaculé et au bec jaune : il s’agit de la Grande Aigrette ! Elle appartient à la même famille que notre Héron cendré au long bec emmanché d’un long cou, les Ardéidés. La Grande Aigrette impressionne par sa taille et sa silhouette élancée. Au repos, son cou présente une forme de “S” caractéristique, une sorte de “cassure” au milieu. Le bec est jaune, fort à la base et les fines pattes sont noires en période internuptiale, c’est-à-dire lorsque nous l’observons chez nous.

Il ne faut pas confondre la Grande Aigrette avec l’Aigrette garzette, autre ardéidé au plumage entièrement blanc mais plus petite et dont la couleur jaune des pieds contrastent nettement avec le reste des pattes noires. De plus, l’Aigrette garzette se reproduit en France alors que la Grande Aigrette est majoritairement hivernante, même si quelques couples s’y reproduisent.

La Grande Aigrette est un oiseau sociable, on l’observe souvent non loin d’autres congénères, en particulier le soir où elles aiment se rassembler en dortoirs.

En quelques chiffres :

  • Taille: 104cm

  • Envergure: 140 à 170cm

  • Poids: 1000 à 1500g

  • Longévité (théorique) : 23 ans

Où observer la Grande Aigrette ?

La Grande Aigrette, un ardéidé que l'on peut observer en hiver, sujet du nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

La Grande Aigrette est une espèce dite “cosmopolite”, c’est-à-dire que l’on peut la rencontrer sur une majeure partie du globe, à l’exception de l’Antarctique. Quatre sous-espèces de Grande Aigrette se répartissent en fonction de la zone géographique. En Europe, nous observons la sous-espèce nominale Ardea alba alba.

Ses habitats de prédilection

La Grande Aigrette, un ardéidé que l'on peut observer en hiver, sujet du nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

La Grande Aigrette est une espèce inféodée aux zones humides, qu’elles soient à l’intérieur des terres ou sur les côtes. Les marais, vasières et autres plans d’eau lui fournissent de quoi se nourrir. Elle a également besoin de végétation dont elle pourra se servir comme reposoir le soir venu.

Elle prospecte ainsi de vastes étendues d’eau, qu’elle soit douce, salée ou saumâtre, à la recherche de nourriture. De même, pour installer son nid, la Grande Aigrette choisira un arbre à proximité d’une zone humide aux ressources alimentaires abondantes.

Au menu de la Grande Aigrette

La Grande Aigrette, un ardéidé que l'on peut observer en hiver, sujet du nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

Le bec en poignard de la Grande Aigrette lui permet, tout comme le Héron cendré, de capturer des poissons mais elle n’est pas pour autant exclusivement piscivore. Sur les plans d’eau, elle préfère la technique de pêche du Héron cendré à celle de l’Aigrette garzette : à l’affût, immobile. Lorsque le poisson s’approche suffisamment près, elle déplie avec force son cou et capture le malheureux !

Lorsqu’elle prospecte les milieux terrestres, elle transperce avec la même implacable méthode les micromammifères, les reptiles voire les petits oiseaux. Toutefois, elle sait également agiter une patte dans l’eau pour débusquer de plus petites proies telles que de petits invertébrés aquatiques et des crustacés.

Le temps des amours

La Grande Aigrette, un ardéidé que l'on peut observer en hiver, sujet du nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

Le temps des amours venu, la Grande Aigrette se part de superbes plumes ornementales, les “aigrettes“. Il s’agit d’un élément de séduction indispensable dans le plumage nuptial. De plus, les parties nues du corps vont se colorer. Ainsi, les pattes vont prendre une teinte rosée, le bec devient progressivement noir et les lores, zones situées entre l’œil et la base du bec, verdissent. Tous ces changements seront accompagnés d’une parade nuptiale dont le but est d’éblouir le partenaire potentiel.

La Grande Aigrette installe son nid dans des arbres, près de ses congénères, formant une colonie dont chaque couple va défendre vigoureusement son territoire. Le plus souvent, le nid est installé à plusieurs mètres de hauteur, au-dessus de l’eau. Pour nicher, elle reste toujours à proximité de zones humides. Elle pond de 4 à 5 œufs qui seront incubés une vingtaine de jours par les deux adultes. Après 40 jours de soins parentaux, les juvéniles s’envolent du nid. Ils ne seront matures sexuellement qu’après 2 à 3 ans. 

Longtemps menacée, aujourd’hui protégée

Comme pour sa cousine l’Aigrette garzette, la Grande Aigrette a longtemps été chassée au XIXème et au début du XXème siècle pour ses spectaculaires plumes de plumage nuptial. Celles-ci servaient d’ornement pour habiller chapeaux et toilettes des dames de la haute société. Ses populations en ont durablement souffert. Aujourd’hui, la Grande Aigrette est protégée et sa destruction interdite

Toutefois, comme pour toutes les espèces dépendantes des zones humides, cet ardéidé peut être menacé par la dégradation et la destruction de ces milieux fragiles. Une pression de prédation existe sur les petits lorsqu’ils sont encore au nid, notamment par certains rapaces.

Et c’est tout pour aujourd’hui !  

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