À table! Les oiseaux et la nourriture – Partie 1

Les oiseaux et la nourriture

Bonjour tout le monde! Cette semaine sur le blog d’Une histoire de plumes, nous nous intéressons au lien entre la nourriture et les oiseaux. Ce premier article s’intéressera aux adaptations morphologiques qui leur permettent de se nourrir, à leurs rythmes ainsi qu’à leurs techniques d’alimentation! Go?



“J’aime beaucoup-beaucoup le thème de cet article.”

Je vois ça!

Bec et langue: deux outils indispensables

Le bec est définitivement le meilleur indicateur du régime alimentaire d’un groupe d’oiseaux: il suffit d’un peu d’observation pour en savoir plus sur un oiseau! Certains sont particulièrement spécialisés, comme les colibris: leur bec effilé leur permet d’atteindre le nectar des fleurs. Le Colibri porte-épée est le seul oiseau à avoir un bec plus long que son corps! Au repos, il doit garder la tête légèrement relevé pour supporter son poids. Il est ainsi le seul à pouvoir atteindre le nectar des longues fleurs à la corolle tubulaire. Autre exemple au bec spectaculaire: les toucans! Leur bec très léger mais particulièrement puissant leur permet de se nourrir de grands fruits. Cet organe richement vascularisé leur permet également de réguler leur température corporelle.


“Par contre, ce bec n’est d’aucune aide pour ouvrir mon Chronopost.”

Ah on ne peut pas tout avoir, hein.

La forme et la taille du bec sont adaptés au régime alimentaire et au mode de vie de l’oiseau: un bec crochu et aux rebords très coupants pour déchiqueter les proies, un bec court et puissant pour les granivores, un bec long et fin pour les limicoles qui cherchent les proies en profondeur dans la vase…Mais attention! Des espèces différentes peuvent avoir une forme de bec similaire sans pour autant être de la même famille. Cela indique simplement qu’ils exploitent les mêmes ressources alimentaires.

La langue des oiseaux est un outil dont le rôle complète celui du bec. Elle permet par exemple d’aider à maintenir une proie: la langue et le palais des manchots présentent des pointes cornées et des papilles coniques pour retenir poissons et céphalopodes visqueux. Les flamants roses et les canards ont une langue très épaisse qui, par son mouvement, va permettre à l’oiseau d’aspirer l’eau. Leur langue très sensible sélectionne les éléments nutritifs intéressants puis rejette l’eau par les côtés du bec. Les Pics se servent de leur langue particulièrement longue pour fouiller les galeries creusées par les insectes dans le bois. Elle est enduite d’une substance gluante produite par les glandes salivaires afin de capturer les insectes.

“Des insectes?! Pour ma part, je préfère les pancakes.”

C’est sûr, c’est plus goûtu…

Passer du temps à s’alimenter

Là encore, la diversité est de mise! Certains oiseaux sont capables de se passer de nourriture sur de longues périodes alors que d’autres doivent impérativement se nourrir chaque jour. Le record de durée du jeûne appartient au Manchot empereur: lors de l’incubation, dont le mâle est en charge, celui-ci supporte un jeûne de deux mois, en plein hiver polaire! Les vautours peuvent également jeûner, à hauteur de quelques jours. Ils se nourrissent en effet de charognes, denrées qu’ils ne trouvent pas tous les jours. De plus, de mauvaises conditions météorologiques peuvent parfois les obliger à rester à la colonie.

 

“Jeûner?! Mais quelle drôle d’idée!!”

Mais tous ne le font pas! Les passereaux, qui ont un métabolisme rapide, ne peuvent se passer de nourriture: ils vont donc passer la journée à en chercher. Ils peuvent d’ailleurs varier leur menu au fil de la journée: les grives vont chercher les vers en début de journée puis, elles vont chercher des insectes au fur et à mesure que l’humidité va diminuer. Concernant les limicoles, qui vont chercher leurs proies dans la vase, leur période d’activité de recherche de nourriture dépend des marées. Ils vont utiliser davantage leur bec, très sensible, pour détecter leurs proies par rapport à leur vue: ils peuvent donc partir se nourrir sur les vasières de nuit. Leur menu peut varier également au cours de leur vie: leur régime alimentaire n’est pas toujours le même lorsqu’ils passent de poussin à jeune puis adulte.

Trouver sa nourriture

Une fois encore, on trouve pléthore de comportements différents en ce qui concerne la recherche de nourriture! Nous évoquerons ici quelques cas qui sortent de l’ordinaire. Certains oiseaux comme le Tournepierre retournent les galets pour y retrouver des proies. Les étourneaux recherchent des invertébrés en fouillant la surface du sol avec le bec. Le Héron vert est capable d’utiliser un leurre pour pêcher!

“Tu poses ton appât et il n’y a plus qu’à attendre héhé”

Découvrez l’ensemble de cette technique de pêche dans la vidéo ci-dessous:

 

Étonnant, non?

Autre comportement surprenant: les proies sont souvent nettoyées ou préparées! Certaines grives peuvent nettoyer les limaces de leur mucus. D’autres oiseaux enlèvent les poils des chenilles toxiques. Des limicoles “lavent” leurs proies pour en éliminer la vase. Les pies-grièches, quant à elles, éliminent le dard des hyménoptères et le tube digestif des orthoptères! Autre exemple: le Messager sagittaire est capable d’arracher la tête des serpents venimeux qu’il consomme. 

D’autres oiseaux sont capables de stocker de la nourriture en prévision de la mauvaise saison. Le plus connu dans nos régions: le Geai des chênes, qui cache des glands sous la mousse dans les bois. Ce comportement aide d’ailleurs à la dispersion de la plante lorsque le gland n’est pas consommé! De même, le Casse-noix moucheté constitue des réserves de noisettes qui durent jusqu’au printemps, où elles pourront nourrir les jeunes.

“Note: Aller piquer des noisettes dans la mangeoire à oiseaux était une mauvaise idéééééééé!!”

Effectivement, ce n’était pas l’idée du siècle!

On se retrouve la semaine prochaine pour la deuxième partie de notre article “A table! Les oiseaux et la nourriture

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Sources et recommandations:

 

 

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