Absentes ou impliquées: les mères chez les oiseaux

Absentes ou impliquées: découvrez différentes mères chez les oiseaux grâce au nouvel article du Bird-Blog d'une histoire de plumes

Ce dimanche, nous célébrions les mamans (vous avez eu votre collier de nouilles?)! L’occasion idéale pour le Bird-Blog pour s’intéresser aux comportements des mères chez les oiseaux. Si une très grande partie des mâles s’occupent de leurs petits avec la femelle, ce n’est pas toujours le cas. On retrouve en effet des soins maternels très divers, que nous allons examiner de plus près, de la plus impliquée à la moins investie. C’est parti?

“Et comment! J’en suis!”

Une mère totalement dévouée: la cane

Les mères des espèces appartenant à la famille des Anatidés (Lire notre article Une histoire d’Oiseaux: les Anatidés) sont généralement les plus investies chez les oiseaux. Elles n’ont malheureusement pas tellement le choix! Sitôt sa tâche de mâle reproducteur accomplie, celui-ci s’en va rejoindre d’autres mâles pour entamer sa mue. Il optera alors pour un plumage plus discret, dit “d’éclipse“, qui se rapproche de celui de la femelle. Ce plumage lui permettra d’être beaucoup plus discret face aux prédateurs potentiels.

Pendant ce temps, la cane a assuré la couvaison de ses œufs pendant trois semaines, ne s’éloignant de son nid qu’à de rares occasions, essentiellement pour se nourrir. Une fois l’éclosion faite, la dizaine de canetons, tous nidifuges (Lire notre article Piou piou, petit poussin), quittent vite le nid et suivent de près leur mère. Elle les guidera vers des zones de nourriture et commencera leur apprentissage. Tant que les poussins ne seront pas aptes à voler, leur mère veillera très attentivement sur eux. Ils sont en effet la proie idéale de bon nombre de prédateurs, terrestres ou aquatiques. Malgré les soins bienveillants et attentifs de leur mère, il ne restera plus que deux ou trois jeunes prêts pour l’envol…

 

“Ohlala, t’as entendu?! Faut vite qu’on s’entraîne à voler!”

Une mère épaulée par son partenaire: le Moineau domestique

Comme la plupart des passereaux, chez les moineaux, les deux partenaires sont très complémentaires et participent tout deux aux soins parentaux. Le mâle est très impliqué dans la construction du nid. Le plus souvent, il lui revient de trouver brindilles et autres éléments végétaux. La femelle, quant à elle, devra assembler et agencer au mieux l’ensemble pour faire un nid stable et confortable (Lire notre article Quand l’oiseau fait son nid).

Une fois les œufs pondus, les deux partenaires vont les couver à tour de rôle durant 11 à 15 jours. De même, les oisillons seront nourris au nid par les deux parents qui se relayeront sans relâche. Après l’envol du nid de leurs jeunes, les parents vont rester à proximité pour les aider à prendre leur indépendance en continuant à les nourrir. Puis, deux semaines après l’envol, lorsque les jeunes sont autonomes, les parents pourront entamer une seconde nichée, voire une troisième si les conditions le permettent. 

Même si les couples de moineaux domestiques ne sont pas strictement monogames, ils sont unis durant la saison de reproduction. L’intérêt? Les petits pouvant être la proie de prédateurs et le nid soumis à des aléas climatiques, il est souvent nécessaire pour les parents de recommencer une nouvelle nichée. Un couple stable est une réponse parfaite à ces aléas. Une nouvelle étape de parade nuptiale et de recherche de partenaires serait en effet une perte de temps et d’énergie trop importante!

 

 

“Oui, on a assez de boulot comme ça!”

 

Une mère peu impliquée: le Pluvier guignard

Des femelles pas vraiment préoccupées par leurs petits: voilà un comportement maternel peu habituel chez les oiseaux! C’est pourtant ce que l’on observe chez le Pluvier guignard, une espèce membre de la grande famille des limicoles (Lire notre article Une histoire d’Oiseaux: les limicoles). Elle niche dans les zones plates de zones montagneuses d’Ecosse, de Norvège et de Sibérie ainsi que dans la toundra, en Finlande, en Scandinavie et en Russie. Elle s’observe en France durant les migrations, le Pluvier guignard étant un migrateur longue distance, passant ses hivers dans une zone allant du Maroc à l’Iran.

Il s’agit de l’une des rares espèces où la femelle est plus grande et plus colorée que le mâle. Lors de la parade nuptiale, les comportements sont là encore inversés par rapport à ce que l’on observe d’ordinaire. Ce sont les femelles qui vont avoir le rôle le plus actif: elles se chargent de la parade nuptiale. Elles choisissent également les mâles avec lesquels elles vont s’accoupler.

La femelle va ensuite aider (assez brièvement, il faut le dire) le mâle à creuser une petite cuvette qui fera office de nid. Puis, lorsqu’elle y aura pondu ses trois œufs, elle abandonne le mâle et part rejoindre d’autres femelles! C’est à lui que revient la tâche d’élever la couvée pendant trois semaines en solitaire. Les petits sont nidifuges: ils quitteront très vite le nid pour apprendre à se nourrir sous la surveillance du mâle. Il arrive que la femelle revienne près des petits, notamment pour la défendre en cas de danger. Comportement qui plaît assez peu au mâle qui aura alors tendance à la chasser!

 

 

“Nous aussi, on sait s’occuper de nos petits! Même si on est un peu brutes, parfois…”

 

Une mère absente: le Mégapode de Freycinet

Les mégapodes sont des exceptions chez les oiseaux en matière de soins parentaux. En effet, il y en a tout simplement pas! Les Mégapodiidés sont une famille de 22 espèces regroupant les talégalles, les léipoas et les mégapodes. Ce sont des oiseaux terrestres, de taille moyenne à grande, aux grandes pattes puissantes (comme souvent chez les oiseaux terrestres). On peut les observer dans les plaines ou au pieds des volcans en Australie, en Indonésie et dans les Philippines ainsi que dans les îles d’Océanie.

Fait original, chez les mégapodes, on ne couve pas ses œufs! Ainsi, le Mégapode de Freycinet, qui vit dans les forêts et les marécages d’îles en Indonésie, se contente de pondre ses œufs dans un petit monticule de terre mélangée à des feuilles, du sable, des branches et du gravier. Le monticule peut être volumineux: chez le Mégapode de Freycinet, il peut ainsi atteindre 5m de haut et 11m de diamètre à la base. Reconnaissons que construire une telle structure lorsqu’on est grand comme un faisan, c’est une jolie performance!

La végétation en décomposition et parfois les émanations volcaniques vont se charger de maintenir les œufs à la bonne température. Ce sont les mâles qui vont prendre le plus grand soin des monticules. Pour que la température reste constante, il va creuser le monticule et l’éparpiller pour le refroidir durant la journée. Il va ensuite le reconstruire et y ajouter de nouveaux matériaux durant la nuit, lorsque la température extérieure baisse. De manière générale, les mégapodes mâles se chargent du monticule…dix mois par an!

 

“Et ben, ce ne serait pas pour me déplaire, un mâle aussi investi!”

 

Et c’est sur cette espèce étonnante que nous concluons cet article spécial “Mamans”! 

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Sources et recommandations:

Image à la Une: Annie Spratt

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