Des oiseaux au cœur de légendes

par | Juil 25, 2022 | Comprendre | 0 commentaires

Dans cet article, intéressons-nous à 4 oiseaux au cœur de légendes toutes plus fascinantes les unes que les autres. A travers les époques, mythes et contes ont donné à l’oiseau une place de choix, cherchant à expliquer des observations mal comprises. 

L’hirondelle

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Lorsque l’on regarde de plus près les légendes qui impliquent des oiseaux, on peut faire une observation intéressante : pour une même espèce (ou une espèce proche), il est possible de trouver des récits où elle est adulée lorsque, à une autre époque, d’autres textes vont la qualifier de la pire des manières ! C’est ainsi le cas pour l’hirondelle qui est un « oiseau du diable » dans des croyances populaires irlandaises du XIXème siècle alors même qu’un nid d’hirondelle sur une maison est considéré comme un présage favorable.

L’hirondelle, comme beaucoup d’oiseaux migrateurs, est présent dans nombre de contes et légendes qui avaient justement pour objectif d’expliquer ce curieux phénomène de la migration. Pourquoi des oiseaux étaient présents seulement une partie de l’année ? Qu’est-ce qui pouvait bien expliquer leur disparition progressive au fil de l’été et de l’automne ? Ce phénomène non expliqué a donné lieu à l’une des légendes les plus connues sur les oiseaux : les hirondelles formaient des sortes de boules en s’agrippant les unes aux autres. Elles s’enfouissaient ensuite dans la vase, au fond des étangs, pour y passer la mauvaise saison. Elles n’en ressortaient qu’au printemps suivant. Une façon originale d’expliquer l’inexplicable !

Le Rougegorge

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Contrairement à l’hirondelle, voilà une espèce qui fait l’unanimité au sein des croyances populaires ! En particulier grâce à son caractère peu farouche, qui en fait un habitué des jardins facilement observable mais également par sa silhouette rondelette, son chant agréable et…son plastron orange. On retrouve celui-ci dans bon nombre de contes et légendes, celles-ci étant bien souvent associées à la vie du Christ. Rien que ça !

Ainsi, l’une d’elles raconte que, durant la nuit de Noël, Dieu interpelle un petit oiseau au plumage gris et brun afin de lui confier la tâche de ranimer le feu dans l’étable afin que son fils n’ait pas froid. Le petit oiseau s’envole vers Bethléem et, trouvant le feu presque éteint, se met à battre vivement des ailes pour en raviver les braises. Il met tant d’ardeur à l’ouvrage que le feu ne tarde pas à reprendre et le petit oiseau ne se rend pas compte que les plumes de sa poitrine roussissent sous l’effet de la chaleur. Malgré la brûlure, le petit oiseau poursuivit courageusement son travail et le feu reprit. Alors réveillé par les flammes, Joseph dit au petit oiseau qu’en souvenir de son dévouement, les plumes de sa poitrine conserverait la couleur du feu et qu’on l’appellerait ainsi… »rougegorge ».  

L’alouette

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Comme nous l’avons vu pour l’hirondelle, les mythes et légendes ayant un oiseau pour premier rôle avaient l’avantage de donner une explication un tant soit peu rationnelle à de simples observations. Ainsi, l’une d’entre elles a pour objet le vol de l’Alouette des champs, et c’est assez fabuleux.

Si l’Alouette des champs a un vol onduleux en temps normal, le vol chanté du mâle en période de reproduction est très caractéristique. Tout d’abord, le mâle chante tout au long de son vol. Il monte progressivement en altitude puis décrit des orbes, d’un battement d’ailes très rapides, la queue complètement étalée. Cette partie du vol peut durer un certain temps. Alors qu’il entame sa descente, tout d’abord progressive, dans un dernier temps, il va fermer les ailes et se laisser tomber comme une pierre avant un freinage d’urgence avant le sol. 

Illustration de cette chute vertigineuse, au début de la vidéo suivante :

Pour expliquer ce vol ô combien caractéristique, les habitants d’un coin de Bretagne contaient l’histoire suivante : l’Alouette avait reçu il y a fort longtemps une mission, celle de monter au ciel pour ouvrir la porte à l’âme des défunts. Elle montait ainsi deux fois par jour : le matin pour ceux décédés dans la nuit et le soir, pour guider ceux morts dans la journée. Mais une fois au ciel, Jésus-Christ constata que l’oiseau avait pris l’habitude de jurer en criant « Diu! » à chacun de ses voyages. Il décida donc de la remplacer par Saint-Pierre. Et depuis son bannissement, l’Alouette ne cesse de monter dans les airs afin de regagner la porte du ciel. Elle se lance, monte et monte en promettant que plus jamais elle ne jurera. Mais à chaque tentative, Saint-Pierre refuse de lui confier la porte céleste. Elle regagne donc le sol vers lequel elle se laisse tomber comme une pierre, laissant éclater sa colère en jurant de plus belle.

Ainsi, l’histoire donne des éléments de compréhension à ce vol si caractéristique et au chant qui l’accompagne !

Le Coucou

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Comme chez l’hirondelle, le Coucou fascine par sa manie de disparaitre dans l’été pour ne revenir qu’au printemps suivant. Alors qu’il peut se révéler particulièrement présent dans le paysage sonore en période de reproduction, soudain, alors qu’arrive l’été, plus de « cou cou »…Comment expliquer cela ? Beaucoup de croyances populaires de nos régions ont pour sujet cette disparition soudaine, dont beaucoup y mêlent les travaux agricoles de l’été.

Ainsi, dans les Vosges, on explique ce soudain silence par la gourmandise du coucou qui, les fraises étant arrivées à maturité, préfère s’en gaver plutôt que de chanter. Une autre histoire raconte qu’une fois son nid construit (oups…), le coucou va batifoler dans une prairie, où une charrette lui roule dessus. Cette version a le mérite de donner une explication à sa posture caractéristique de chant ! Depuis, notre coucou prend garde à partir une fois que la fenaison approche afin d’éviter tout nouvel accident.

Enfin, dans plusieurs régions, si le coucou cesse de faire résonner son chant au printemps, c’est qu’il redevient un rapace, épervier ou émouchet, c’est selon. Il est vrai que son plumage, sa silhouette et son œil cerclé de jaune peuvent prêter à confusion !

Et c’est tout pour aujourd’hui ! Vous avez des questions ? Une petite envie de papoter d’oiseaux ? Une idée de sujet, d’une thématique que vous souhaiteriez que j’aborde dans un article ? Retrouvez-moi sur FacebookTwitterInstagramPinterest et LinkedIn.

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