Toi plus moi plus eux: la sociabilité chez les oiseaux

Les oiseaux sont-ils sociables?

Salutations! Cette semaine, nous allons nous intéresser à une question passionnante: l’oiseau est-il un animal social? La vie en groupe l’avantagerait-il? Pourquoi faire ce choix de vivre avec ses congénères? En avant pour en savoir plus!

“Chouette-aïe-chouette chouette, courons-y!”

“Sociable” ou “Social”?

Ces deux termes, que l’on confond souvent, ne signifient pourtant pas la même chose. Si “sociable” fait appel à la capacité de quelqu’un à se lier aux autres, le terme “social” s’intéresse au mode de vie d’une espèce. Les individus d’une espèce sociale vont passer toute leur vie avec d’autres congénères. Afin d’établir, de maintenir les liens entre les individus, une espèce sociale va alors utiliser une palette de comportements sociaux, que ce soit dans l’attitude corporelle ou la communication vocale. C’est d’ailleurs ce qui en fait des animaux si passionnants à découvrir!


“Moi aussi, j’aime bien étudier les oiseaux…Oulah, nan c’est trop près là!!”

Ah, pas simple de partager son territoire, hein?

Les oiseaux sociaux vivent donc en groupe durant toute leur vie. Et s’ils ont choisi ce mode de vie, c’est bien évidemment qu’il leur donne quelques avantages…

À plusieurs, on est plus forts

La vie en groupe offre une meilleure protection et pour plusieurs raisons. Tout d’abord, lorsque vous faites partie d’une large bande d’oiseaux, en train de vous nourrir par exemple,  il y en aura toujours un dans le groupe pour surveiller quelques secondes les alentours. Chacun va surveiller quelques secondes avant de recommencer à manger. Cette multiplication du temps de surveillance rend votre groupe plus efficace en cas d’alerte. De plus, chaque individu peut consacrer plus de temps à se nourrir, le temps de surveillance étant divisé par le nombre d’individus. À l’arrivée, un meilleur taux de survie!

Autre avantage face à l’irruption d’un prédateur: le vol en groupe. Certains oiseaux comme les Étourneaux sansonnets ont parfaitement intégré la notion de groupe pour se défendre. Lors de l’arrivée d’un prédateur, comme un rapace, ils volent en formation serrée et effectuent des manœuvres rapides et complexes afin de dérouter l’adversaire. Il devient très difficile pour lui de ne sélectionner qu’une seule proie dans un vol de plusieurs centaines!

Dernier exemple: le houspillage. Plusieurs espèces, souvent des petits oiseaux, peuvent s’associer pour faire fuir un prédateur. Parfois, celui-ci ne présente aucun comportement agressif: c’est le cas pour les rapaces nocturnes qui se font “houspiller” en plein jour par des passereaux qui l’attaquent en poussant des cris d’alarme, dont la fréquence est particulière.



“Voilà. Comme ça. Toute la journée. Comment voulez-vous que je me repose?!”

Ah oui, je reconnais, cela ne doit pas être simple…Vous devriez faire comme la Chevêchette perlée qui, sur l’arrière de la tête, arbore deux grandes tâches brunes bordées de blanc, donnant l’impression de deux grands yeux!

“Et hop, fini le houspillage et à moi le repos du guerrier!”

À plusieurs, on est plus efficace

Et notamment dans la recherche de nourriture! Les scènes de pêche collective en sont un exemple frappant. Pêcher à plusieurs facilite la capture des proies mais également la découverte de nouvelles sources de nourriture. Exemple: le Vautour fauve. Ce charognard vit en colonie pouvant atteindre une centaine de couples. Lorsqu’ils partent en quête de nourriture, les vautours suivent une direction commune puis se dispersent. Chacun garde toutefois un œil sur ses congénères. Ainsi, lorsqu’une carcasse est repérée par un individu, celui-ci va descendre rapidement sur elle. Cette descente sera le signal pour le reste du groupe qu’une source de nourriture a été trouvée.

À plusieurs, on protège ses petits

Protection face aux prédateurs, recherche de nourriture facilitée…Être à plusieurs sur un même site de nidification, cela a donc des avantages! Les grandes colonies de nidification, comme on en observe chez le Manchot empereur, engendrent une synchronisation de la formation des couples et donc des éclosions. Paradoxalement, ces naissances simultanées protègent les petits des prédateurs, qui se retrouvent “saturés” en offres! De plus, en formant des groupes compacts, les adultes protègent leurs petits, situés au centre, du froid.

La vie en colonie permet également aux nouveaux parents de bénéficier d’aides la part d'”assistants”, souvent de jeunes oiseaux qui ne sont pas encore reproduits. Ces oiseaux vont aider le couple à élever le petit et protéger le nid.

“Et ça va nous aider à devenir plus grands et plus fooorts!”

Autre exemple d’oiseau vivant en larges communautés: le Républicain social. Ces oiseaux vivent ensemble à l’année dans d’immenses structures collectives, qu’ils utilisent génération après génération. En plus de les protéger des prédateurs, ces énormes nids maintiennent une température agréable pour les oiseaux, de jour comme de nuit.

Prenez donc 2’20 min pour écouter David Attenborough expliquer les deux sortes de “chambres” qu’utilisent les républicains, selon que l’on soit le jour ou la nuit. (et parce qu’on ne perd jamais son temps à écouter David Attenboroug)


La vie en groupe apporte des avantages indéniables aux oiseaux. Des membres d’une même espèce ont tout intérêt à se tolérer dans bien des situations. Les oiseaux solitaires appartiennent le plus souvent à la catégorie des prédateurs, qui ne cherchent pas l’aide d’autrui pour se défendre ou protéger ses petits. Une petite exception dans nos jardins: le Rouge-gorge, solitaire qui pourchasse avec virulence tout malotru qui le défierait!

C’est tout pour aujourd’hui, on se retrouve la semaine prochaine, même jour, même endroit!

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