La série de l’été – Episode 7: le Grand Cormoran

la série de l'été: le grand cormoran

Bonjour à tous! Cette semaine, suite et fin de notre série de l’été “Identifier les oiseaux de vos vacances” ! Intéressons-nous à un oiseau à la répartition en expansion (ce qui n’est pas sans poser quelques soucis de cohabitation avec Sapiens sapiens), observable dans de nombreuses régions de France: le Grand Cormoran.


“Ohlalalala mais ça m’a l’air drôlement chouette ça-dites-donc!”

(Les geckos, ces reptiles fantastiques qui ont l’air toujours de bonne humeur)


Le Grand Cormoran: fiche d’identification

Un grand oiseau noir perché sur un piquet? C’est le Grand Cormoran! Cet oiseau présente un plumage entièrement noir, avec des reflets cuivrés, exception faite de la joue qui est blanche. En période nuptiale, une tache blanche apparaît en haut de chaque cuisse, chez les deux sexes (il n’y a pas de dimorphisme sexuel net). Autre critère anatomique: le bec des cormorans est long, fin et à l’extrémité crochue. De plus, la base du bec est de couleur jaune, ce qui contraste avec le blanc des joues. Enfin, les pattes, aux doigts palmés, sont noires. Les juvéniles quant à eux présentent un plumage marron et le dessous du corps blanchâtre.

Le Grand Cormoran ou Phalacrocorax carbo tire son nom de la juxtaposition de deux mots grecs: “Falakros” qui signifie “chauve” et “Corax” soit “corbeau”. Le terme “carbo” (“charbon” en latin) fait référence à la couleur de l’oiseau.


“Enfin…On a juste la couleur en commun, hein! Franchement, tu vois un cormoran faire ÇA?!”

Et bien dites-moi, on aurait pas pris un peu la grosse tête? 

Continuons…


En quelques chiffres:

  • Taille: entre 80 et 100 cm

  • Envergure: de 130 à 160cm

  • Poids: 2 à 2.2kg (femelle) et de 3.2 à 3.6kg (mâle)

  • Longévité: 20 ans


Où voir les grands cormorans?

Le Grand Cormoran peut se rencontrer partout dans le monde. Regardez un peu son aire de répartition: Europe, Asie, Océanie, Afrique et Amérique du Nord! Selon les régions, le cormoran est soit sédentaire, soit migrateur ou partiellement migrateur (Lire notre article “On the road again: la migration des oiseaux”). 


“Ah, ne me parlez pas de migration! Cette année, mon GPS en panne: j’ai du prendre des routes pas possibles!”

‘Faut pas faire confiance aux nouvelles technologies!


Le Grand Cormoran est une espèce polytypique: on compte 5 sous-espèces. En Europe, nous pouvons en observer deux: Phalacrocorax carbo carbo et Phalacrocorax carbo sinensis (en Europe centrale), dont la tête présente plus de blanc que carbo carbo. Des observations de formes intermédiaires entre ces deux sous-espèces pose toutefois la question de la pertinence de cette classification.


Ses habitats de prédilection

Les grands cormorans ne sont pas des oiseaux difficiles en terme d’habitats: ce sont des oiseaux à grande capacité d’adaptation. Ils vivent principalement sur les côtes et les îlots rocheux, sur les falaises et les bords de lacs. On peut également les observer sur les rives des fleuves, dans les estuaires.

Le cormoran affectionne aussi bien les plans d’eau douce, salée ou saumâtre, du moment qu’il peut y trouver quelque poisson à se mettre dans le bec. Il évite cependant les zones à fort courant ainsi que les plans d’eau trop petits.


“Aaah, les eaux calmes et paisibles, y’a que ça de vrai!”


Au menu du Grand Cormoran

Muni de son bec acéré et crochu, se servant de ses incroyables capacités de plongeur-apnéiste, le Grand Cormoran est un pêcheur redoutable! Il est piscivore: 96% de son régime alimentaire est composé de poissons, dont la taille peut atteindre jusqu’à 20cm! À l’occasion, si le poisson vient à manquer, il peut se nourrir de petits crustacés et des amphibiens.  

Le cormoran peut plonger pendant près d’une minute. Comme tout oiseau d’eau plongeur, sa ligne de flottaison est très basse: il semble enfoncé dans l’eau. Une fois sous l’eau, il se propulse grâce à de puissants coups de pattes. Il plonge jusqu’à 3m de profondeur.

Lorsqu’il a attrapé sa proie, après une rapide course-poursuite, il étourdit le poisson en surface et le déguste la tête la première (afin que les écailles du poisson ne blessent pas son système digestif). Ensuite, il rejoint ses congénères sur un perchoir et adopte une posture caractéristique: il étale les ailes, les remuant légèrement.


“Là! Comme ça! Pour ceux qui n’ont jamais vu ça, je vous montre!”


Contrairement à ce que l’on a longtemps pensé, ce comportement n’a pas pour but de se sécher les ailes (un oiseau plongeur avec un plumage qui prend l’eau, ce serait étrange…) mais plutôt d’augmenter le métabolisme afin de réchauffer le bol alimentaire et ainsi mieux le digérer.


Le temps des amours

Le Grand Cormoran est grégaire, il niche en colonies, pouvant réunir de 10 à 50 couples! Le nid est une structure de grande taille, constituée de branchages et de matériaux plus doux (algues, herbes, plumes) pour garnir l’intérieur. La femelle pond entre 3 et 5 œufs, que les deux parents vont couver. Une fois éclos, les petits resteront encore un mois au nid. Ils s’envoleront à 50 jours environ mais, comme pour une majorité d’oiseaux, auront besoin d’un petit coup de pouce des parents pendant encore un mois et demi.


“Ben oui mais quand on est petit, on a besoin de quelqu’un de fort pour nous défendre!”

C’est pas faux.


Menacé puis régulé

Les cormorans ont longtemps été persécutés par les humains qui les voyaient, à tort, comme des concurrents redoutables à la pêche. Toutefois, on ne peut imputer au Grand Cormoran la disparition d’espèces de poissons après une pratique de la pêche intensive, contrairement à un certain Sapiens sapiens…Depuis son classement en espèce protégée, le Grand Cormoran connaît un regain dans la dynamique de ses populations. Sa très large aire de répartition et ses facultés d’adaptation à son milieu sont des facteurs encourageant sa tendance à l’augmentation d’effectif.

En France, le Code de l’Environnement permet néanmoins d’attribuer des autorisations de tirs, délimitées par des quotas départementaux établis en amont, afin de protéger des exploitations piscicoles ou des espèces de poissons menacées dont le statut serait fragilisé par une prédation accrue.


“Des tirs?! Quelle idée! Appelez-moi plutôt, je suis pas mauvais en intimidation.”


Et c’est sur ce point que nous refermons notre dernier numéro de notre série de l’été! Nous espérons que cette petite série vous a plu et que vous avez pu identifier tout-plein-d’oiseaux durant vos vacances. On se retrouve pour la rentrée avec plein d’histoires sur les oiseaux dans notre cartable! 


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