Les oiseaux du moment : avril/mai

par | Mar 27, 2023 | Identifier | 0 commentaires

Le printemps est enfin là et la migration bat son plein : hirondelles, milans et coucous sont de retour et les chants ont repris ! En avril et en mai, on profite de l’arrivée de nouveaux migrateurs et on guette le chant particulièrement mélodieux de certaines espèces.

Le champion de voltige : le Martinet noir

Le Martinet noir, oiseau à observer en avril et en mai, sujet du nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

On reconnait le Martinet noir à son agilité et sa vitesse que peu d’autres oiseaux atteignent. Les longues ailes en faux sont parfaites pour ce professionnel du vol. La queue est effilée mais beaucoup moins que chez les hirondelles.

Il n’y a pas de dimorphisme sexuel : mâle et femelle ne présentent pas de différence de plumage. Le Martinet noir est également identifiable grâce à son cri strident, un sifflement en trille qu’il lance lors des poursuites aériennes qu’il affectionne.

Spécialiste du vol, le Martinet noir est tellement à l’aise dans le ciel qu’il peut facilement atteindre une vitesse de croisière de 60km/h et plus de 100km/h en vitesse de pointe. Véritable “formule un des airs”, il est également capable de freinages acrobatiques, notamment lorsqu’il entre dans son nid.

L’observer en ce moment : Le Martinet noir est observable en France lors de sa période de nidification. Il arrive entre le début du mois d’avril et le mois de mai, c’est le moment de lever les yeux au ciel pour guetter leur retour. C’est un migrateur longue distance: ses aires de reproduction et d’hivernage sont très éloignées. Le Martinet noir passe ainsi près de 10 mois de l’année…en vol !

Pour en savoir plus sur la famille des martinets, retrouvez ci-dessous l’article qui lui est consacré :

Découvrez les martinets dans le nouvel article du Bird-Blog d'une histoire de plumes

L’impressionnant Circaète Jean-le-Blanc

Le Circaète Jean-le-Blanc, oiseau à observer en avril et en mai, sujet du nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

Voilà un autre migrateur au long cours, fort reconnaissable également par sa silhouette ! Ce grand rapace (entre 1.60m et 1.85m d’envergure) se distingue par un plumage inférieur très clair et moucheté de brun. Sa tête sombre massive ressort très nettement. Lorsqu’il est posé, le Circaète Jean-le-Blanc présente un plumage supérieur brun uniforme. Si on a la chance de l’observer d’assez près et de pouvoir distinguer ses yeux (en position quasi faciale, comme les chouettes), en particulier ses iris jaunes.

Le régime alimentaire du Circaète est plutôt original puisqu’il se nourrit essentiellement (à 90%)…de couleuvres ! Il complète avec des micromammifères, des oiseaux et des amphibiens. Signe anatomique de son adaptation à un régime alimentaire particulier : il possède des plumes épaisses au niveau des cuisses et des écailles dures au niveau des tarses (les doigts). Il n’est en effet pas immunisé contre le venin.

L’observer en ce moment : Entre la mi-mars et la mi-avril, le Circaète Jean-le-Blanc rejoint ses zones de reproduction après un hiver passé sous de plus chaudes latitudes africaines. Le mâle et la femelle se retrouvent sur leur aire utilisée l’année précédente et vont la recharger en matériaux. Soigneusement cachés, ces nids sont invisibles depuis le sol. Mieux vaut donc chercher dans le ciel la large envergue du Circaète !

Le Fou chantant : le Rossignol philomèle

Le Rossignol philomèle, oiseau  à observer en avril et en mai, sujet du nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

On connait son chant mélodieux, moins son plumage plus que discret : le Rossignol philomèle est bientôt de retour ! Avec ses couleurs brunes et sa queue rousse, le moins que l’on puisse dire est qu’il pourrait passer inaperçu. C’est sans compter les notes mélodieuses qu’il lance jour et nuit, dès son arrivée dans nos paysages. Si vous l’entendez beaucoup moins pendant un temps, pas de panique : le Rossignol est occupé à nourrir sa couvée. Il en élève souvent deux dans sa saison de reproduction, il peut donc reprendre sa gracieuse partition entre deux couvées.

Malgré sa voix de ténor, le Rossignol est un oiseau au plumage et au comportement discret : on l’entend bien plus facilement qu’on ne le voit. Il reste au cœur de buissons denses et des fourrés humides. Il arrive qu’il prospecte au sol, il adopte alors une attitude de Troglodyte, en relevant très haut sa longue queue.

L’observer en ce moment : si les mâles chanteurs se tiennent en hauteur afin de faire entendre leur chant, ils évitent de s’installer au sommet de la végétation, à découvert, contrairement à certaines espèces. Il faut alors le repérer par son chant et ensuite, peut-être, avec un peu de chances, l’apercevoir !

Et pour se mettre son chant « dans l’oreille » et admirer cet incroyable « performeur », profitez de la vidéo ci-dessous :

Le compteur d’écus : le Pouillot véloce

Le pouillot véloce, oiseau  à observer en avril et en mai, sujet du nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

Autre passereau particulièrement discret de part son plumage mais pas vraiment par son chant : le Pouillot véloce ! Si j’ai décidé de l’inclure dans cette liste d’oiseaux du moment, ce n’est pas tout à fait pour ses grandes capacités de migrateur (l’espèce est sédentaire dans une partie de notre pays) mais pour son chant entêtant qu’il est facile de repérer en ce moment.

Le Pouillot véloce se fond dans son environnement. Comme le Rossignol, on l’entend davantage qu’on ne le voit. Espèce forestière, avec une préférence pour les feuillus, il affectionne particulièrement les lisières, les chemins forestiers, les taillis. On peut également l’entendre dans les parcs et les jardins, pour peu que l’on y trouve des haies assez denses, ainsi que dans les bosquets ou en périphérie de plans d’eau.

L’observer en ce moment : l’observer, rien n’est moins sûr mais l’entendre, ça, c’est certain ! Le Pouillot véloce a un chant particulièrement caractéristique, un peu saccadé : tsip-tsap-tsip-tsap. C’est pour cette raison que les anglais l’ont appelé « ChiffChaff ». De ce côté de la Manche, nous le surnommons le « compteur d’écus » car ce chant à deux notes, un peu métallique, fait penser à des pièces jetées les unes après les autres. 

Parce qu’il fait partie des espèces affectionnant particulièrement les haies de nos jardins, il est recommandé de ne plus tailler les haies ni d’élaguer les arbres entre mi-mars et fin août afin que les oiseaux puissent nidifier en paix.

Et c’est tout pour aujourd’hui ! Vous avez des questions ? Une petite envie de papoter d’oiseaux ? Une idée de sujet, d’une thématique que vous souhaiteriez que j’aborde dans un article ? 

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Sources et recommandations :