La série de l’hiver : le Pinson du Nord

Le Pinson du Nord, un passereau que l'on peut observer en hiver, sujet du nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

On est arrivé au dernier épisode de notre Série de l’hiver ! Après le Pygargue à queue blanche, la Grive mauvis, le Canard pilet et la Grande Aigrette, focus sur un grand migrateur : le Pinson du Nord

“Ca m’intéresse, j’en suis !”

Le Pinson du Nord : fiche d’identification

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Durant l’hiver, vous avez peut-être aperçu à votre mangeoire un petit passereau au plumage contrasté. De la taille d’un Pinson des arbres, une teinte dominante orange tranchant avec le noir du dos et des ailes, un bec conique assez fort…C’est le Pinson du Nord !

En plumage nuptial, le mâle du Pinson du Nord présente un capuchon noir sur la tête et le noir de son manteau est net. Lorsqu’il arrive dans nos contrées, il a revêtu son plumage internuptial et ressemble donc plus à la femelle. Le noir s’éclaircit, le bec passe de noir à jaune au niveau de la base. La couleur de la tête reste toutefois plus sombre que celle de la femelle et le orange est plus vif. Critère d’identification imparable en vol : le croupion blanc, qui le distingue de son cousin Pinson des arbres.

Le juvénile ressemble beaucoup à la femelle, son plumage est plus discret, plus terne que celui du mâle. Toutefois, lorsqu’ils arrivent en France pour lors de la migration post-nuptiale, leur plumage écailleux typique des oiseaux sortis du nid a disparu, il est très difficile de les différencier des femelles.

Le Pinson des arbres est une espèce monotypique, il n’y a pas de sous-espèces.

En quelques chiffres :

  • Taille: 16cm

  • Poids: 23 à 29g

Où observer le Pinson du Nord ?

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Comme son nom l’indique, le Pinson du Nord est un oiseau…nordique. Il se reproduit de la Scandinavie à l’extrême est de la Russie, dans les forêts boréales qui lui offrent gîte et couvert. Si nous l’apercevons chez nous l’hiver, c’est parce qu’il est, malgré sa trentaine de grammes, un grand migrateur. Ses zones d’hivernage sont distinctement séparées de ses lieux de reproduction, même si on peut le trouver en hiver sur certaines régions du littoral atlantique scandinave. Il peut adopter un comportement sédentaire dans le sud de la Suède et le sud-est de la Norvège.

A partir du mois d’octobre, les pinsons du Nord entament leur migration post-nuptiale. Ils vont atteindre, en suivant différentes voies en fonction de leurs points de départ, l’Europe de l’Ouest et du Sud, l’Afrique du Nord-Ouest, le Proche et le Moyen-Orient, l’Asie mineure et jusqu’à l’extrême nord-est et est de la Chine.

Ses habitats de prédilection

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Si son régime alimentaire se modifie selon les saisons, l’habitat de prédilection du Pinson du Nord change peu : il s’agit avant tout d’un oiseau forestier. En période de reproduction, il s’épanouit dans les boisements nordiques : forêts de conifères (avec une préférence pour les mixtes et leurs feuillus), ripisylves à aulnes, peuplements de saules, bois de bouleaux nains.

Pendant la mauvaise saison, il conservera sa préférence pour les environnements de forêts mais les essences varieront. Il s’installera cette fois-ci au niveau de hêtraies, en chênaie-charmaie, en bordure de massifs forestiers non loin de zones agricoles. Ce changement est en lien direct avec l’évolution de son régime alimentaire durant la mauvaise saison.

Au menu du Pinson du Nord

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Comme de nombreux oiseaux migrateurs, le Pinson du Nord adapte ses préférences alimentaires à la saison et aux ressources disponibles à l’instant t. Ainsi, durant la période de reproduction, il est avant un insectivore. Il passe une bonne partie de sa journée à chasser dans la végétation des invertébrés. Ceux-ci sont alors disponibles en grand nombre et constitueront un apport protéique de qualité pour les jeunes que le Pinson du Nord doit nourrir. Il se nourrit également de graines à cette saison mais en moindre quantité que durant l’hiver, lorsque le besoin lipidique est important et que les graines constituent quasiment les seules ressources disponibles.

Le Pinson du Nord est particulièrement friand de faînes de hêtres, ce qui explique qu’il fréquente assidûment les hêtraies en hiver, en particulier lorsque la fructification de cette essence a été productive. En hiver, il n’hésite pas à rechercher des graines de céréales au sol, dans les zones cultivées, et à s’approcher des mangeoires pour récupérer quelques graines de tournesol.

Le temps des amours

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Si le Pinson du Nord est connu pour son comportement grégaire sur ces lieux d’hivernage, il n’en va pas de même en période de reproduction: chacun pour soi ! Le Pinson du Nord est monogame (ce qui, rappelons-le, ne signifie pas “fidèle”). Par rapport à bien d’autres espèces, la saison de reproduction de ce Fringille est tardive : ils entament leur migration à partir de février et mars, les dernières arrivées sur les sites pouvant avoir lieu jusqu’en mai.

Contrairement aux périodes migratoires, le Pinson du Nord adopte un comportement territorial marqué une fois le couple formé et le territoire délimité. La femelle construira un nid en hauteur pendant que le mâle se charge de défendre vigoureusement le territoire face aux intrus. Elle y couvera entre 5 et 7 œufs, de couleur bleutée, pendant une dizaine de jours. Le mâle se chargera alors de la nourrir. Puis, après l’éclosion, les deux partenaires nourriront les oisillons durant une quinzaine de jours, jusqu’à l’envol. Ce n’est qu’ensuite que les Pinsons du Nord vont devenir à nouveau grégaires et se rapprocher d’autres groupes familiaux.

Fructifications exceptionnelles, année à pinsons du Nord

Nous l’avons vu, les Pinsons du Nord sont particulièrement friands des faînes de hêtres. Leur teneur lipidique est un atout indispensable pour survivre dans de mauvaises conditions météorologiques, lorsque les invertébrés sont rarissimes.

Etant donné que le Pinson du Nord part en migration et passe l’hiver en de très larges groupes, il n’est guère étonnant d’observer certaines années de véritables hordes investir les hêtraies lorsque la fructification a été importante. Pour peu que les conditions hivernales soient vraiment mauvaises plus au nord, il n’est alors pas rare d’observer plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’individus rejoindre les hêtraies plus au sud, formant alors une “invasion“. D’autres années, lorsque les conditions de vie au nord sont meilleurs et/ou que la fructification des hêtraies a été moins bonnes, les troupes sont plus petites et les pinsons du Nord plus rares. 

Et c’est tout pour aujourd’hui !  

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