La série de l’hiver : Le Pygargue à queue blanche

Le pygargue à queue blanche, un rapace que l'on peut observer en hiver, sujet du nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

Inaugurons aujourd’hui une nouvelle série d’articles afin de mieux connaître des espèces d’oiseaux étonnantes que l’on peut observer en hiver en France. Et on commence avec un rapace des plus impressionnants : le Pygargue à queue blanche !

“Voyons voir ce qui va être dit d’intéressant sur La Famille…”

Le Pygargue à queue blanche : fiche d’identification

Si le Pygargue à tête blanche, oiseau national des Etats-Unis, est l’un des rapaces les plus connus, son cousin Haliaeetus albicilla ne bénéficie étonnamment pas de la même notoriété. Pourtant, avec ses 2.20m d’envergure en moyenne, le Pygargue à queue blanche fait partie des plus grands oiseaux de l’avifaune française. Il fait partie de la famille des Accipitridés, l’une des cinq familles de rapaces diurnes connus (Lire l’article “Une histoire d’Oiseaux: les Rapaces“).

Il se reconnait à sa silhouette massive, en particulier chez les femelles qui, comme quasi-systématiquement chez les rapaces, est plus imposante et plus lourde que le mâle. Les ailes sont longues et larges, la queue est dite “cunéiforme”, en forme de losange. Le Pygargue à queue blanche n’atteint sa maturité sexuelle que tardivement, à partir de 5 ou 6 ans. Durant cette période vont se succéder plusieurs plumages immatures. Les jeunes oiseaux présentent du blanc sur le plumage de leur corps, comme on peut le voir sur la photo ci-dessous. Chez les adultes, le corps est d’un brun sombre, contrastant nettement avec les plumes de la queue, les rectrices, blanches.

Le pygargue à queue blanche, un rapace que l'on peut observer en hiver, sujet du nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

Le Pygargue à queue blanche est une espèce plus “bavarde” que ses cousins. Mâle et femelle possèdent chacun leur propre répertoire de vocalisations, particulièrement utilisés en période de reproduction.

Ses larges ailes et son envergure impressionnante permettent au Pygargue à queue blanche de pratiquer le vol à voile sans problème. Le vol battu est en revanche plus lourd, entrecoupés de phases planées.

En quelques chiffres:

  • Taille: 76-92cm

  • Envergure: de 210cm (pour le mâle) à 230 voire 240cm (pour la femelle)

  • Poids: de 4.5kg (mâle) à 5.9kg voire jusqu’à 6.9kg (femelle)

  • Longévité: 36 ans en milieu naturel

Où observer le Pygargue à queue blanche ?

L’aire de répartition du Pygargue à queue blanche est vaste. Il est présent sur l’ensemble du continent eurasiatique jusqu’à l’extrême est de l’Asie. C’est en Russie où il est le plus présent ainsi qu’en Scandinavie, en particulier la Norvège. On le rencontre régulièrement dans le nord de l’Allemagne et en Pologne où il est souvent sédentaire. Dans les régions les plus nordiques, les pygargues à queue blanche sont migrateurs et prennent la direction du sud en hiver.

Ses habitats de prédilection

Du fait de son régime alimentaire (cf. paragraphe suivant), le Pygargue à queue blanche est un rapace lié aux zones humides, en bord de mer ou à l’intérieur des terres. Il affectionne les côtes où il peut à la fois pêcher le long du rivage et nicher dans les falaises. En intérieur, il aura besoin de plans d’eau conséquents pour pêcher ou chasser les oiseaux d’eau. Il peut alors installer son aire dans un arbre solide au cœur d’une grande forêt au calme.

Au menu du Pygargue à queue blanche

Autrefois appelé grand aigle de mer, le Pygargue à queue blanche est, comme les autres espèces de pygargues dans le monde, un oiseau pêcheur. Il porte ce train de caractère dans son nom latin, halieus signifiant “pêcheur” en grec. C’est un piscivore mais non strict car il se nourrit également d’oiseaux. Il se contente également de charognes, surtout en hiver, lorsque la ressource alimentaire est médiocre.

Il pêche au-dessus des eaux calmes qui lui permettent de repérer plus facilement les poissons en surface. Une fois repérée, il capture sa proie grâce à un vol rasant au-dessus de la surface, serres en avant.

Le pygargue à queue blanche, un rapace que l'on peut observer en hiver, sujet du nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

Ce grand prédateur affectionne également les oiseaux d’eau comme les foulques, les canards, les oies et même…les grues ! En bord de mer, anatidés, laridés et alcidés font régulièrement partie du menu. Endurant, il les attaque, en les obligeant à plonger sans cesse jusqu’à épuisement. Ainsi, il a été observé que plus de 40 tentatives étaient nécessaires au Pygargue à queue blanche pour venir à bout d’une Foulque macroule !

Le temps des amours

La période nuptiale débute chez les Pygargues à queue blanche par des parades composés de cris et de nombreux vols au-dessus du territoire. Les deux partenaires effectuent des piqués, simulent des attaques et s’accrochent par les serres lors de leurs impressionnants vols nuptiaux.

Le nid, ou plutôt l’aire (Lire l’article “Quand l’oiseau fait son nid“) est tout aussi impressionnante : il s’agit d’une énorme construction de branchages placée à environ 10m du sol. Elle peut atteindre aisément les 150cm de diamètre et autant de profondeur. Les adultes la consolident à chaque saison de reproduction et y apporte également lichens et herbes. Un à deux œufs, entièrement blancs, y sont pondus et incubés par les deux parents pendant une quarantaine de jours. La plupart du temps, il n’y aura qu’un seul jeune à l’envol.

Les couples sont unis (ce qui ne signifie pas fidèles) pour la vie. Ils se mettront en quête d’un nouveau partenaire que s’ils ne retrouvent pas celui de l’année précédente. Les pygargues à queue blanche sont en revanche fidèles à leur lieu de nidification. 

Disparu puis de retour

Le Pygargue à queue blanche était autrefois un rapace nicheur commun en Europe. Comme ce fut le cas pour la majorité des rapaces, la chasse, la modification de ses habitats de prédilection, le prélèvement de ses œufs et des poussins, la pollution finirent par avoir raison de lui dans une grande partie de cette aire de répartition. Il fut même déclaré disparu en France en 1959 alors qu’il était un oiseau nicheur de Corse au début du XXème siècle (d’après Mayaud, 1936).

Fort heureusement, les mesures de protection et de conservation ainsi que la réduction de polluants toxiques en agriculture ont permis aux effectifs de se stabiliser dans un premier temps puis de connaitre une augmentation. Le Pygargue à queue blanche est aujourd’hui protégé à l’échelle internationale.

Ainsi, en France, les pygargues à queue blanche sont revenus en période de migration ainsi qu’en hivernage. On les observe dans les Pyrénées, dans le Centre de la France, en Aquitaine mais aussi et surtout dans le nord-est du Pays (Alsace, Lorraine, Champagne-Ardenne) où il apprécie la présence de grands lacs entourés de forêts. C’est ainsi qu’un couple nicheur s’est installé en Lorraine, donnant un formidable espoir pour la conservation des rapaces autrefois en voie de disparition.

Et c’est tout pour aujourd’hui !  

Pour la rédaction de cet article, je me suis aidée du livre “Rapaces diurnes & nocturnes d’Europe”auquel j’avais consacré un article tant il est chouette ! (clic-clic sur la vignette !)

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Sources et recommandations:

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