Une histoire d’Oiseaux : les Alouettes

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Dans ce nouveau numéro d’Une histoire d’Oiseaux, intéressons-nous à une famille d’oiseaux discrets mais sur laquelle pèsent bien des menaces : les alouettes !

Un peu de classification

L'Alouette des champs, sujet du dernier article du Bird-blog d'une histoire de plumes

Les alouettes font partie de la famille des Alaudidés, laquelle compte également dans ses rangs les cochevis, les ammomanes, les sirlis et les moinelettes. En tout, près d’une centaine d’espèces dans le monde font partie des Alaudidés et on peut en observe vingt dans le paléarctique (dont la France fait partie).

De manière générale, les Alaudidés partagent quelques caractéristiques : si leur taille est variable selon les espèces (allant de la taille d’un pouillot à celle d’un merle !), ils ont très souvent un plumage peu voyant, cryptique. Ce souci de la discrétion s’explique par leur besoin d’évoluer dans des milieux ouverts ou semi-ouverts. Ils sont donc plus susceptibles d’être à la portée des crocs ou des serres d’un prédateur. Leur plumage leur permet de se fondre dans leurs milieux naturels. Ainsi, les espèces désertiques présentent un plumage uniforme quand les Alaudidés des milieux herbacées ont des tenues striées.

Autre caractéristique anatomique entre les membres de cette famille : la présence d’un ongle postérieur long et droit. La taille de cet ongle dépend toutefois du substrat sur lequel l’oiseau évolue ainsi que sa rapidité de mouvement.

Où voir des Alaudidés ?

La famille des Alaudidés compte des représentants sur une grande partie du globe, à l’exception toutefois de l’Amérique du sud. Si on peut observer certains Alaudidés dans des zones arides ou semi-arides, tel le Sirli du désert, ou dans des régions cultivées, ces oiseaux évoluent rarement en milieu forestier.

A table !

Bon nombre d’Alaudidés sont anatomiquement adaptés à une vie terrestre car ils passent beaucoup de temps à rechercher leur nourriture. Selon les espèces, le bec peut être moyen, voire fort chez celles qui présentent un régime alimentaire majoritairement granivore.

Quelques Alaudidés en France

  • L’Alouette des champs 

L'Alouette des champs, sujet du dernier article du Bird-blog d'une histoire de plumes

Représentant le plus connu chez nous de la famille des Alaudidés, l’Alouette des champs vit dans les campagnes ouvertes, les zones cultivées, les bocages et prairies rares, les steppes. On la rencontre également en lisières de forêts et à moyenne et haute altitude (jusqu’à 2500m !).

Pour la repérer, vous l’avez compris : il faut chercher au niveau du sol. Discrète, l’Alouette des champs passe énormément de temps par terre, seule, par couples ou en petits groupes. Elle se rassemble avec ses congénères en grandes bandes durant l’hiver. L’Alouette des champs fouille le sol en quête de nourriture, avançant au fur et à mesure de ses découvertes. Lors de la belle saison, elle se délecte d’insectes et de larves, de vers de terre mais aussi de graines et de semences. Son vol territorial très caractéristique, accompagné d’un long chant, est également un critère pertinent pour la repérer.

Comme beaucoup d’oiseaux des milieux agricoles, les populations d’alouettes des champs sont menacées par la dégradation de leur milieu de vie : modification des pratiques agricoles et modification des habitats. L’utilisation de pesticides a également des conséquences dramatiques sur cet oiseau insectivore. Selon les dernières études menées en 2018 sur les oiseaux des champs, un tiers des alouettes des champs a disparu en quinze ans. Enfin, dernier facteur qui contribue à fragiliser encore davantage ces populations d’oiseaux pourtant menacés, l’Alouette des champs fait partie des espèces chassables en France. (Lire l’article “5 questions sur la chasse en France »)

  • L’Alouette lulu 

L'Alouette lulu, sujet du dernier article du Bird-blog d'une histoire de plumes

Si elle peut sembler fort semblable à sa cousine l’Alouette des champs, quelques signes reconnaissables distingue l’Alouette lulu. Plus petite, plus « compacte », l’Alouette lulu présente une queue bien plus courte, contrairement à l’Alouette des champs. Ses sourcils blancs se détachent nettement du reste du plumage de la tête et se rejoignent sur la nuque. 

D’un point de vue comportemental, l’Alouette lulu se distingue encore de l’Alouette des champs : elle s’observe au sol certes mais également à découvert en hauteur, perchée sur le haut des buissons ou sur des fils électriques, postes que l’Alouette des champs a tendance à dédaigner.

  • Le Cochevis huppé

Le Cochevis huppé, sujet du dernier article du Bird-blog d'une histoire de plumes

Voilà un autre cousin de l’Alouette des champs qui lui ressemble beaucoup ! Une observation attentive permettra toutefois de distinguer un corps un peu plus trapu, des ailes plus larges, un bec plus long et surtout une huppe sur la tête qu’il redresse à l’envie.

Critère important (mais pas toujours facile à observer selon les conditions météorologiques !) : sa huppe est pointue lorsqu’elle est dressée sur sa tête et se distingue nettement. Lorsqu’elle est aplatie, elle se distingue bien à l’arrière de sa tête, contrairement à celle de l’Alouette des champs, qui se fond dans le plumage de la tête.

Fait étonnant : le Cochevis huppé s’adapte plutôt bien aux abords des infrastructures humaines. Il peut ainsi rechercher de la nourriture dans une zone industrielle, une friche, une décharge, un chantier…

  • L’Alouette haussecol

Étonnant oiseau que l’Alouette haussecol ! Elle se reconnait assez facilement aux coloris de sa tête: une face jaune pâle, un bandeau noir au niveau de l’œil qui descend sur la joue, une bavette noire large sur la haut de la poitrine. Et surtout, deux petites aigrettes de plumes noires sur le côté de la tête lui donnent une drôle de tête avec des “cornes” (bien visible à 1’04 sur la vidéo).

Elle niche de la Scandinavie à la Russie (ainsi qu’en Amérique du Nord, Afrique et Asie centrale). Les alouettes haussecols que l’on observe en France en hiver viennent de Scandinavie. Les effectifs hivernaux d’alouettes haussecols varient en fonction des rigueurs hivernales. Si lors de l’hiver 1997-1998, les effectifs sont montés à 400 individus, seuls 39 ont été dénombrés en 2006-2007. En moyenne, entre 40 et 200 individus passent l’hiver en France, principalement dans les départements du Nord et de la Somme.

Lors de son passage hivernal en France, l’Alouette haussecol fréquente les prés salés à l’arrière de cordons dunaires, les baies sableuses avec des cordons de galets, les grandes baies de schorres herbacés. Pas franchement un oiseau de mangeoire donc !

Et c’est tout pour aujourd’hui ! Vous avez des questions ? Une petite envie de papoter d’oiseaux ? Une idée de sujet, d’une thématique que vous souhaiteriez que j’aborde dans un article ? 

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Sources et recommandations :

Une histoire de plumes

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