Une histoire d’Oiseaux : les Motacillidés

par | Sep 12, 2022 | Une histoire d'Oiseaux | 0 commentaires

Dans ce nouveau numéro d’Une histoire d’Oiseaux, intéressons-nous à une famille de passereaux dont la plupart des membres sont connus du grand public par leur attitude corporelle caractéristique : les Motacillidés, la famille des bergeronnettes et des pipits !

Un peu de classification

Bergeronnettes et pipits : les motacillidés, stars du nouvel article du bird-blog d'Une histoire de plumes

De prime abord, le nom « Motacillidés » n’évoque peut-être pas grand-chose pour vous. Et pourtant, vous croisez régulièrement au moins un de ses représentants ! En effet, la Bergeronnette grise, oiseau fin et élégant au comportement typique, est un oiseau des jardins bien connu. Cours d’eau, prairies, zones humides, jardins…plusieurs espèces de bergeronnettes fréquentent des milieux très différents.

Mais la famille des Motacillidés ne comptent pas que des bergeronnettes dans ses rangs ! Les pipits sont ainsi des « cousins » des bergeronnettes. Ils ont en commun une silhouette élancée, une longue queue, de hautes pattes et un bec pointu. Leur plumage est en revanche plus discrets, sorte de « tenue de camouflage », alors que certaines espèces de bergeronnettes arborent, comme nous allons le voir, des costumes flamboyants !

Bergeronnettes et pipits : les motacillidés, stars du nouvel article du bird-blog d'Une histoire de plumes

Elégant et un plumage discret : le Pipit farlouse

Où voir des bergeronnettes et des pipits ?

Nous allons le voir avec la description de plusieurs espèces ci-après, il est possible de rencontrer des représentants de la famille des Motacillidés dans des milieux très divers. La Bergeronnette des ruisseaux est ainsi extrêmement dépendante de l’eau, comme son nom l’indique, quand les pipits sont des espèces migratrices investissant champs, friches ou lisières de bois.

Si on les trouve sur la majorité des continents, les Motacillidés sont principalement présents dans l’Ancien Monde.

A table !

Bergeronnettes et pipits : les motacillidés, stars du nouvel article du bird-blog d'Une histoire de plumesMiam miam !

Les représentants de la famille des Motacillidés ont une activité principalement terrestre. Avec leur long bec fin, les bergeronnettes et les pipits sont des insectivores au sens large. Passant beaucoup de temps au sol, ils recherchent activement insectes (sous formes adulte et larvaire), myriapodes, petits crustacés terrestres, vers de terre, araignées, mollusques…, et ce, en toute saison. Pour les plus agiles, ils peuvent également capturer leurs proies en plein vol grâce à un court vol stationnaire.

Quelques Motacillidés en France

  • La Bergeronnette grise

Bergeronnettes et pipits : les motacillidés, stars du nouvel article du bird-blog d'Une histoire de plumes

Très certainement la représentante des Motacillidés la plus connue ! Cet oiseau gracile, à l’allure élégante, apprécie la proximité de l’homme, on peut donc l’apercevoir assez facilement. Ses critères distinctifs : un plumage contrasté noir, gris et blanc, de hautes pattes et surtout une longue queue agitée quasiment en permanence. Dans les jardins, elle ne dédaigne pas les mangeoires, ou plutôt les restes qui tombent au sol.

Le saviez-vous ? Les raisons de ce mouvement quasi-permanent de queue, qui lui a donné le surnom de « hochequeue » sont mal connues. Plusieurs théories ont été proposées pour expliquer ce tremblement intempestif : il lui permettrait de signaler sa présence à ses congénères, il s’agirait d’un leurre pour les prédateurs, voire de mieux se mieux se camoufler lorsque l’on vit près d’un ruisseau. L’explication la plus probante reste, à ce jour, le fait qu’agiter la queue lui permet de débusquer des insectes au sol et donc de les capturer.

  • La Bergeronnette des ruisseaux

Bergeronnettes et pipits : les motacillidés, stars du nouvel article du bird-blog d'Une histoire de plumes

Tout aussi élégante que sa cousine la Bergeronnette grise : la Bergeronnette des ruisseaux ! Son plumage est flamboyant : le dessus du corps gris et noir contrastant avec le jaune intense du dessous. Elle présente des pattes un peu plus courtes que les autres espèces mais sa queue est plus longue et constamment agitée.

Le saviez-vous ? Comme son nom l’indique, elle est très dépendante de l’eau, en particulier des eaux courantes. Si on peut l’observer au niveau des rives des mares, des étangs et des lacs, les eaux de torrents ont sa préférence, ce qui l’amène à côtoyer fréquemment le Cincle plongeur. 

  • La Bergeronnette printanière

Les oiseaux du moment à découvrir dans un nouvel article du bird-blog d'une histoire de plumes

Nous en parlions dans notre précédent article « Les oiseaux du moment : août/septembre« , la Bergeronnette printanière est observable en ce moment ! Il s’agit en effet d’une espèce migratrice qui est en train de rejoindre ses terres d’hivernage africaines.

Le saviez-vous ? Un plumage tout en contrastes avec le dessous du corps d’un jaune flamboyant…Voilà qui nous rappelle fortement l’espèce vue précédemment, la Bergeronnette des ruisseaux ! La vidéo ci-dessous vous présente quelques éléments distinctifs entre ces deux espèces qui, selon les conditions d’observation, se ressemblent vraiment beaucoup.

  • Le Pipit farlouse

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Après la présentation des éclatantes bergeronnettes des ruisseaux et printanière, le plumage du Pipit farlouse pourrait paraître bien terne. Les pipits sont en effet plutôt discret, avec un plumage brun et blanc avec plus ou moins de rayures à la poitrine, ce qui ne facilite pas leur identification ! La voix se révèle alors un bon critère de discrimination. Un critère important à vérifier pour identifier l’oiseau : le doigt postérieur est très long chez les pipits (et l’ongle est particulièrement long chez le Pipit farlouse).

Le saviez-vous ? Le Pipit farlouse, comme tous les pipits, ont des parades nuptiales très spectaculaires. Le mâle du Pipit farlouse décolle du sol ou d’un perchoir et monte très rapidement. Il décrit quelques cercles avant de redescendre ailes étendues, queue relevée et pattes pendantes ! Durant tout ce vol, il chante mais avec un phrasé différent pour chaque moment du vol. 

Des espèces incroyablement polymorphes

Les bergeronnettes ont ceci d’extraordinaire qu’elles sont polymorphes, c’est-à-dire qu’ils existent de nombreuses sous-espèces dont les plumages varient. Ainsi, la sous-espèce « yarrelli » de la Bergeronnette grise, qui se rencontre en Grande-Bretagne et en Irlande), présente un dos d’un noir brillant, quand la sous-espèce nominale Motacilla alba alba (celle que l’on rencontre dans nos jardins), a un dos gris.

On peut tout à fait rencontrer la Bergeronnette de Yarrell en période migratoire, il suffit d’être attentif : son « côté sombre » ressort nettement ! De la Sibérie à la Chine en passant par e Maroc, on connait à ce jour 9 sous-espèces de Bergeronnette grise.

Bergeronnettes et pipits : les motacillidés, stars du nouvel article du bird-blog d'Une histoire de plumes

La Bergeronnette de Yarrell « Motacilla alba yarrellii », au dos noir

Mais la championne toutes catégories des variantes de plumages, c’est la Bergeronnette printanière : pas moins de 10 sous-espèces ! Sans compter tous les cas possibles d’hybridation entre ces sous-espèces…

Bergeronnettes et pipits : les motacillidés, stars du nouvel article du bird-blog d'Une histoire de plumes

La sous-espèce de Bergeronnette printanière « Motacilla flava flavissima », à la tête plus verdâtre.

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Sources et recommandations :