La série de l’été – Episode 6: le Faucon crécerelle

la série de l'été: le faucon crécerelle

Bonjour à tous! Nous nous sommes déjà intéressés à un rapace dans notre série de l’été (Lire notre article La série de l’été – Episode 2: la Buse variable). Poursuivons avec un  autre petit rapace que vous observerez facilement pendant vos vacances à la campagne: le Faucon crécerelle.


“Ok ok, attendez-moi, j’arrive! Enfin j’essaie…”


(N.d.A: Aujourd’hui, on fait une spéciale “chat”!)

Le Faucon crécerelle: fiche d’identification

Le Faucon crécerelle fait partie de la famille des Falconidés (Lire notre article “Une histoire d’Oiseaux: les Rapaces”). De son petit nom latin Falco tinnunculus, il faut retenir que falco fait référence à la faux: les ailes des faucons sont en effet longues et étroites comme cet outil. Elles sont dites falciformes. Cette particularité physique leur permet d’être des champions de la voltige! L’oiseau le plus rapide, l’as des as, est d’ailleurs un faucon, le Faucon pèlerin, qui peut plonger à plus de 150km/h et atteindre les 300km/h en action de chasse! Tinnunculus, venant de tinnio qui signifie “tinter“, fait en référence aux sons clairs qui ont une large place dans le répertoire vocal du Faucon crécerelle.

Le mâle présente un dessus du dos roux moucheté de noir. La queue est grise, avec quelques barres de couleur noire et une large bande terminale noire. Le dessous du corps est, comme pour la femelle, plus clair et tacheté de noir. La tête est grise, la cire et le cercle orbitaire, cet anneau de peau nue entourant l’œil, sont jaunes. Le bec est court et recourbé. La femelle quant à elle est, comme chez la grande majorité des espèces de rapaces, plus grande que le mâle. Le dessus de son corps est brun et non roux comme le mâle. Le dos et la queue sont barrés de noir, queue présentant une bande terminale comme chez le mâle. Les juvéniles ressemblent aux femelles, le côté “vol maladroit” en plus!

En quelques chiffres:

  • Taille: entre 30 et 40 cm

  • Envergure: de 69 à 82cm

  • Poids: 135 à 250g (mâle) et de 155 à 315g (femelle)

  • Longévité: 16 ans

Le Faucon crécerelle est une espèce polytypique: on compte pas moins de 11 sous-espèces dans le monde! La sous-espèce nominale, Falco tinnunculus tinnunculus, niche du Paléarctique occidental à la Mongolie.


Où voir les faucons crécerelles?

Le Faucon crécerelle est l’un des rapaces les plus abondants en France, derrière la Buse variable. En Europe, il est présent partout excepté en Islande et à l’extrémité nord de la Russie. La répartition du Faucon crécerelle en France est homogène. Les densités les plus élevées se trouvent néanmoins dans l’ouest (Poitou-Charentes, Pays de la Loire et Normandie) ainsi qu’en Rhône-Alpes, Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.


Ses habitats de prédilection

“Au-dessus des dunes maritimes ou des alpages montagnards, dans les plaines cultivées ou sur les landes et les tourbières, parfois même en pleine cité, un petit rapace vient se fixer au ciel, comme suspendu à un fil. Pendant de longues minutes, il se maintient sur place en “Saint-Esprit”, les ailes agitées de battements réguliers ou d’un frémissement, la tête penchée vers le sol qu’il observe avec attention. Soudain, le fil se casse et l’oiseau glisse en flèche pour frapper sa proie à terre, ou bien une large courbe le ramène à son guet aérien. Tel se présente d’habitude le Faucon crécerelle, l’oiseau de proie le plus répandu sur notre continent, celui qui s’adapte aux climats et aux milieux les plus divers, un des mieux doués quant à la vitalité.”

Difficile de trouver une description plus parlante du comportement du Faucon crécerelle dans son habitat que celle qu’en fait Paul Géroudet dans “Les rapaces diurnes et nocturnes d’Europe” ! Que ce soit pour nicher ou pour hiverner, le crécerelle se plait en effet dans une multitude d’habitats: on peut l’observer du bord de mer jusqu’en montagne en passant par les plaines! De plus, son vol stationnaire en action de chasse le rend aisément repérable.


“Ah moi, les oiseaux, je les chasse! Enfin, je…Humpf…Aie…Gnnnn…J’y suis presque…”


Au menu du Faucon crécerelle

Ce rapace a une proie de prédilection: le campagnol! Cela en fait un sacré auxiliaire naturel des agriculteurs. Les micro-mammifères constituent la plus large part de son régime alimentaire. Il ne boude pas lézard et insecte. Le crécerelle est en revanche un peu moins agile que son compère le Faucon pèlerin en ce qui concerne la chasse des petits oiseaux, excepté en ville où il s’est spécialisé dans la capture des moineaux (Lire notre article La série de l’été – Episode 4: le Moineau domestique). Il peut chasser aussi bien à l’affût, sur un piquet de clôture ou une ligne électrique, qu’en vol stationnaire. 


Le temps des amours

Les faucons crécerelles ne construisent pas de nid: ils s’installent dans une corniche rocheuse, un trou de bâtiment, une grange, une tour, un clocher ou même un vieux nid de corvidé! Auparavant, ils ont investi beaucoup de temps dans les parades nuptiales, afin de resserrer les liens avec leur partenaire. La majorité des pontes a lieu en avril-mai. La femelle pond entre 3 et 6 œufs qu’elle couve pendant plus d’une vingtaine de jours. Les petits vont rester au nid environ un mois. Le mâle rapporte les proies et la femelle s’occupe de protéger les petits des prédateurs et des intempéries. Au bout de 22 jours, les petits sont aptes à manger seuls les proies rapportées. Après leur envol, les parents vont encore s’occuper d’eux durant un mois, le temps de leur apprendre notamment à chasser.


“Ah! Ne m’en parlez pas! Il faut les mettre au boulot, ces petits fainéants!”


Même si le Faucon crécerelle est un oiseau très répandu, beaucoup de ses populations connaissent un déclin. La modification de leurs habitats (développement des monocultures, disparition des prairies naturelles et des friches) qui ont tendance à s’appauvrir, les électrocutions sur des lignes électriques, les collisions avec les voitures et l’empoisonnement par les PCB contenus dans les tissus des campagnols sont des menaces quotidiennes pour le Faucon crécerelle, comme pour beaucoup d’autres oiseaux. 



Autre menace pour l’avifaune: les chats


Et c’est sur cette note que nous refermons cet avant-dernier numéro de notre série de l’été! (et oui, déjà!)

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Sources et recommandations:

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